C'était une source de préoccupation: comment les ministres jurassiens, élus en automne 2006, allaient-ils gérer l'héritage laissé par le trio de conseillers d'Etat en partance Roth-Schaller-Hêche? Un an après le changement d'équipe, l'appréciation était mitigée. De belles paroles mais peu d'action. Depuis début 2008, ça bouge enfin dans un Jura trop longtemps tétanisé par le rejet du programme «Pays ouvert», qui semblait ne consacrer son énergie qu'à rejeter les projets et à se chamailler, arc-bouté sur ses clochers.

Collégial et bûcheur, le gouvernement a mis en route un programme susceptible de générer le développement économique et bouscule des structures publiques désuètes et déficitaires. Sans coup d'éclat, sans coup de balai magistral. Les fusions de communes s'opèrent par petites grappes. Le Jura a choisi la modernisation douce. Le grand argentier, Charles Juillard, incarne cette stratégie. Il ajuste, sans tout chambouler, le régime des subventions, préconise un panel de 51 mesures qui, prises individuellement, semblent indolores. Rien qui ne fasse trop mal immédiatement. On attend des résultats sur la durée.

Reste à transformer le volontarisme gouvernemental. Et convaincre un parlement qui a plus souvent brillé par ses rejets lobbyistes ou politiciens que par son courage. Le Jura a besoin des réformes structurelles et financières amorcées. Le redressement du canton passe par leur réalisation entière. Pas question, dès lors, de réduire, sous couvert de pragmatisme, le programme minimum du gouvernement.