Il y a quelque chose d'édifiant à écouter simultanément les responsables des deux initiatives populaires qui viennent d'aboutir dans la capitale vaudoise. Soit on se dit qu'on a affaire à deux bandes de quérulents qui viennent de rassembler en tout près de 28000 signatures, soit on admet que c'est du côté de la Municipalité de Lausanne qu'il y a un problème. Un problème d'écoute. Les élus le sont pour une législature et on leur demande de gouverner. Mais pas en se bouchant les oreilles alors qu'on prône officiellement et à toutes les occasions les démarches participatives. Hélas, trop bien assis sur une majorité écrasante, le syndic de Lausanne, Daniel Brélaz, s'est enferré dans un travers qui lui est reconnu depuis longtemps, il n'écoute plus. Ses adversaires sont tout justes bons à être balayés par une chiquenaude verbale, quels que soient leurs arguments. En agissant de la sorte, le syndic, et avec lui toute la municipalité, n'a pas désamorcé l'inquiétude des habitants du nord de la ville, qui craignent de voir leur quartier se transformer en cité-dortoir une fois le stade de la Pontaise rasé, ni calmé la colère des petits commerçants opposés au City management. Il a jeté de l'huile sur le feu. Grâce à la nouvelle constitution vaudoise, les déçus de la municipalité ont désormais en main l'arme de l'initiative populaire. Cette nouvelle donne démocratique pourrait durablement piéger la Municipalité de Lausanne si elle ne change pas d'attitude.