Il faut éviter que le débat sur le paquet fiscal ne tourne au clivage gauche-droite. Car la manière dont le parlement a agi mérite que l'on aborde la discussion sous l'angle des relations confédérales. En l'occurrence, le parlement veut imposer aux cantons des décisions mal réfléchies. La réforme de l'imposition de la famille n'est pas en cause, car elle supprime une injustice que les cantons ont corrigée depuis longtemps. Il n'en va pas de même avec le logement. Outre les pertes fiscales, la solution adoptée par les Chambres ouvre la porte aux abus pour les frais d'entretien. Il est donc bon que les cantons défendent leurs droits.

Bien que légitime, le référendum des partis de gauche sème cependant le trouble, car il déplace le débat sur un autre plan: il tente de réimposer l'idée selon laquelle la réforme fiscale de la famille serait un «cadeau aux riches». Comme l'IFD est fortement progressif, il est normal que sa réduction profite moins aux bas revenus – qui, souvent, n'en paient pas – qu'aux revenus moyens et élevés. Mais la justification de cette correction est ailleurs: elle supprime l'inégalité de traitement entre couples mariés et concubins. Les cantons ne s'y opposent pas. Ils ne contestent que le volet logement, mais, comme tout a été ficelé en un seul paquet, ils sont obligés de combattre l'ensemble.