Noyée dans les équations, les graphiques et les tableaux Excel, la matière est aride. Rebutante même. Pourtant, cette réforme de la péréquation présente un formidable enjeu. Sa mission est fondamentale: concrétiser une solidarité nécessaire non plus seulement à l'endroit des régions périphériques du canton, mais également envers ses centres urbains, prétérités par le système actuel.

Les villes de Fribourg, Bulle, Villars-sur-Glâne, mais aussi les chefs-lieux des districts assument des tâches qui profitent à l'ensemble des habitants du canton. Leurs coûts sociaux explosent, notamment parce qu'elles prennent en charge des cas provenant également des autres communes. Cette situation se répercute sur leurs finances, dont la gestion est devenue ardue.

Les centres urbains ont certes un meilleur potentiel fiscal, il est normal qu'ils contribuent au pot commun de la péréquation des ressources. En revanche, ils ont davantage de besoins. La réforme en tient compte, c'est réjouissant. Va-t-elle assez loin? Les critères retenus par le professeur Bernard Dafflon sont très détaillés. On regrette toutefois que l'expert n'ait pu, pour l'instant, tenir compte d'un indice d'aide social, en raison du manque de données. Cela aurait certainement fourni une meilleure photographie de la réalité.

Le ministre Pascal Corminboeuf doit maintenant vendre le projet aux communes. Espérons que celui-ci n'en ressorte pas dénaturé. Les politiques ne cessent de proclamer que le canton a besoin d'un centre fort. Cela passe aussi par une réhabilitation du rôle de sa capitale.