Nécessité fait loi, dit-on souvent. Ce dicton s'applique particulièrement bien à la solution qui se dessine pour l'utilisation des 7 milliards qui reviennent à la Confédération. Lorsque l'on a pris conscience que la Banque nationale disposait de réserves colossales d'or, on s'est mis à rêver à de grands projets. C'était l'argent du peuple, il fallait faire quelque chose pour le peuple, pour les retraités, pour les jeunes générations, pour la collectivité.

L'attribution de cet argent à l'assainissement partiel de la dette publique ou à celui de l'assurance invalidité n'a plus grand-chose d'enthousiasmant. Dans un cas comme dans l'autre, on utilise cette fortune pour corriger une perte de maîtrise financière et structurelle dont la population n'est pas responsable. Il est vrai que les problèmes de l'AI sont graves. Mais ils le sont aussi devenus parce qu'on n'a pas su réagir à temps. On a trop souvent utilisé l'assurance invalidité comme solution économique de rechange au chômage, ce qui a contribué à en creuser le déficit. Or, ce déficit pèse lourdement sur l'AVS, puisque les deux assurances sont réunies dans le même fonds de compensation. S'il faut rectifier cette anomalie en attribuant les milliards de l'or à l'AI, qu'on le fasse. Mais on est à des années-lumière des grands rêves nés lors de la découverte du trésor de la BNS.