Etrange spectacle que celui présenté hier par les opposants à l'implantation de la firme Amgen sur le site de Galmiz. Sous la pluie, serrés dans une petite tente dominant la trop fameuse parcelle, ils sont venus – tel un tribunal de sexagénaires – faire la leçon au gouvernement fribourgeois, coupable à leurs yeux d'avoir joué avec la loi sur l'aménagement du territoire. Une leçon en allemand, pour l'essentiel, prodiguée avec l'air supérieur de celui qui sait – et qui a pincé le vilain petit canard welche en flagrant délit.

Habillés comme à la ville – Fernand Cuche excepté –, il fallait les voir louer les vertus du paradis agricole qui, par beau temps, aurait dû se dérouler sous leurs yeux. Barbara Marty-Kaelin nous excusera, mais comme chantre de la ruralité helvétique, on a connu plus crédible. Et quand elle s'épanche sur le sort des futurs écoliers d'un Galmiz «amgenisé», on a envie de sortir les mouchoirs. Selon elle, les pouvoirs publics locaux n'auront jamais les moyens de mettre sur pied toutes les infrastructures que nécessitera la multinationale. Peut-être faudrait-il lui souffler que l'Etat de Fribourg, bénéficiaire pour la troisième année consécutive, ne sait plus quoi faire de ses millions…

A entendre le comité anti-Galmiz, Fribourg a donc un rôle à jouer. La Suisse, reconnaissante, lui demande de préserver ses belles campagnes, où l'on doit pouvoir, depuis l'autoroute, admirer des vaches. Si possible noir et blanc.