Le projet de réforme a été progressivement, à chaque étape, débarrassé de tout ce qui apparaissait comme un obstacle rédhibitoire, à commencer par le renforcement de la fonction présidentielle. Elle ne correspond pas à nos mœurs politiques et est peu compatible avec la cuisine partisane, en ce sens qu'elle modifierait l'équilibre entre les partis gouvernementaux. Il s'agissait également d'éviter de donner l'impression d'un gonflement excessif de l'exécutif, qui pourrait être fatal devant le peuple.

Le projet présenté hier tient de l'exercice sur la corde raide. A aller plus loin dans la réforme, le Conseil fédéral courrait à l'échec devant les Chambres et devant le peuple, peu préparés à adopter une modification de l'esprit du système. A aller moins loin, il ne réformait plus rien du tout. Un ministre délégué par département, on ne peut pas faire moins. La partie n'est pas gagnée pour autant. A l'horreur du changement largement partagée au sein du peuple comme de la classe politique s'ajoutera une considération d'un autre ordre. La réforme du gouvernement est indispensable en cas d'adhésion à l'UE.