Le résultat de Jean-René Fournier est surprenant. Il a défendu dans sa campagne une ligne démocrate-chrétienne très à droite, quasiment identique à celle de l'UDC, et cette position a eu l'heur de plaire aux électeurs valaisans. Et le résultat de cette élection réjouira tous ceux qui ont annoncé d'emblée que ce rendez-vous était joué d'avance.

Le PDC valaisan en sort renforcé en plaçant d'emblée trois des siens. Ce sont les minoritaires valaisans, et surtout le Parti radical, qui font les frais de cette élection. Ils ont compris, mais un peu tard encore une fois, que ce qui fait la force de l'opposition en Valais, c'est la capacité de se mettre ensemble pour créer un front commun contre le PDC. En 1997, il y avait d'ailleurs réellement une volonté de faire bouger les choses.

Mais la dernière législature, après le départ de Peter Bodenmann, s'est perdue, ou s'est diluée dans des débats de plus en plus de type identitaire: les jeux olympiques, le loup, la Compagnie des Alpes ou les catastrophes. A ce jeu-là, il n'est pas étonnant qu'un PDC rassembleur, qui revendique une certaine idée du Valais contre le monde extérieur, tire son épingle du jeu. Jean-René Fournier, après une année de présidence qui lui a offert une importante tribune, est tout naturellement le héros d'un Valais qui confirme une volonté de repli dans un monde qui lui échappe.