L'image d'un Pascal Couchepin qui affichait de grandes visions politiques et profitait d'excursions médiatiques pour lancer d'audacieux pavés dans la mare s'effrite. Les circonstances ne lui sont pas favorables: désavoué par son propre parti sur l'âge de la retraite, avec deux révisions (AI et AVS) difficiles sur les bras, le ministre de l'Intérieur a de surcroît largement dépassé la mi-parcours au Conseil fédéral. S'il a dit, lundi, avoir compris que «les gens veulent avancer pas à pas», ce passionné d'histoire désireux d'y entrer semble avoir revu ses ambitions à la baisse. Le grand réformateur qu'il rêvait d'être paraît désormais pressé d'étoffer son bilan à la tête de son département, quitte à tenir compte des détails incontournables dans la politique sociale.

Il procède donc par petites touches. En témoigne son plaidoyer pour la rente-pont. Ou encore son geste aux assurés, à qui il devra sans doute faire passer la pilule d'une nouvelle hausse des primes maladie pour 2006. En militant pour une diminution des réserves des caisses, Pascal Couchepin prône une solution que les assureurs sont en mesure de digérer. Néanmoins, à long terme, cette option ne constituera pas la panacée. Mais le ministre peut-il encore envisager le long terme? Le fait que la principale «annonce» sur l'île Saint-Pierre ait porté sur une mesure aussi ponctuelle sonne comme un aveu.