Ceux qui cultivent (encore?) l'image voulant que Fribourg soit un indécrottable canton conservateur feraient bien de revoir leur cliché. En effet, il souffle incontestablement un vent de renouveau sur les bords de la Sarine. Symbole de ce changement: l'élection hier de Monica Engheben au poste de secrétaire générale du Grand Conseil. Qu'une illustre inconnue de 30 ans – de surcroît non Fribourgeoise – parvienne à terrasser un homme de 60 ans, lequel, parfaitement introduit dans le microcosme politique local, a accompli toute sa carrière dans la Chancellerie d'Etat est symptomatique. Bien sûr, il est trop tôt pour savoir si Monica Engheben répondra aux attentes placées en elle. Mais quoi qu'il en soit, son volontarisme, son enthousiasme, font plaisir à voir. Avec la nouvelle chancelière Danielle Gagnaux – toutes deux entreront en fonctions le 1er juin –, elles formeront une paire un brin atypique dans une Suisse qui, politiquement parlant, reste passablement machiste. Ajoutez à cela que le Conseil d'Etat et le Grand Conseil sont présidés cette année par les socialistes Ruth Lüthi et Anne-Claude Demierre; notez, enfin, que par un concours de circonstance, la PDC Thérèse Meyer est devenue première citoyenne du pays… Pas de doute: en matière de promotion féminine, Fribourg fait figure de pionnier.