La première intention était de consacrer 90% du produit de la vente des actions de l'Etat au remboursement de la dette. L'idée avait le mérite de l'orthodoxie financière, de la clarté, de la franchise. Mais c'était nul comme argument de vente. Cela rendait le projet de désengagement encore plus rébarbatif à gauche, chez ceux que le Conseil d'Etat visiblement n'a pas encore renoncé à convaincre.

Par souci de mettre toutes les chances de son côté, l'exécutif change d'avis. Désormais tout reste ouvert. Cela permettra au moins d'agiter comme des grelots auprès de divers milieux les espèces sonnantes et trébuchantes à venir. N'y aura-t-il pas bientôt un certain métro lausannois de 600 millions de francs à payer?

L'attention de l'opinion étant centrée sur l'utilisation de la manne, le Conseil d'Etat espère peut-être aussi s'éviter la peine de défendre sur le fond l'opération de désengagement qu'il préconise. Dans ce cas comme dans d'autres, on cherche toutefois en vain le panache avec lequel le Conseil d'Etat devrait porter ses réformes.