Ils sont blessés. Sincèrement. Discuter avec des profs de gymnase, les grands perdants objectifs du nouveau système salarial proposé par l'Etat de Vaud, appelé Decfo/Sysrem, c'est entendre le malaise de toute une profession. Lassés de s'entendre dire qu'ils sont des privilégiés parmi les employés de l'Etat, les profs crient leur colère. En oubliant un peu vite qu'il y a une bonne part de vérité derrière ce constat. Après onze ans de carrière, un prof de gymnase vaudois gagne en moyenne plus de 9000 francs par mois à 100%. Decfo/Sysrem ramènerait cette moyenne à 8600 francs environ. Ironie, c'est le syndicat le plus révolutionnaire (SUD) qui défend les moins mal lotis des enseignants... Mais, au fond, qui a dit que ce statut de privilégié était indu? Personne. Et c'est pourtant le message que fait passer le Conseil d'Etat aux profs de gymnase dans son souci de rééquilibrage vis-à-vis des autres secteurs du corps enseignant. Dès lors, le débat ne pouvait plus être serein et débouche aujourd'hui sur des menaces comme le gel des notes, qui prend clairement les élèves en otage. Ce n'est pas un hasard si, après des mois de négociations, les profs de gymnase restent le dernier carré d'opposants fermes au nouveau système salarial. Qui aime perdre des acquis ou voir baisser ses revenus? Après un énième bras de fer, la situation semble aujourd'hui se débloquer timidement avec l'annonce de négociations sectorielles. Une preuve que le Conseil d'Etat n'entend pas se mettre à dos une corporation qui reste puissante. Et influente.