Avec sa majorité de centre gauche, le gouvernement jurassien mènerait-il une politique générale plutôt sociale, mais financièrement de droite? Malgré ses divergences sur l'ampleur des mesures d'économies – la faute aux ministres socialistes qui ne savent pas comment faire passer la pilule dans leurs départements de l'Education et de la Santé –, l'exécutif empoigne les problèmes de manière appropriée. En dépit d'un contexte conjoncturel difficile, il initie le programme d'attractivité «Pays ouvert», ose la baisse fiscale, ne coupe pas dans le social, s'applique à maintenir des finances publiques saines et assortit ses projets d'investissements d'économies nécessaires. Le tout sans excès.

L'homme clé du processus est le chrétien-social Laurent Schaffter. Il a fait une juste pesée d'intérêts: il a obtenu la baisse fiscale «sociale» et les allocations familiales réclamées, il accepte de cautionner des réductions de coûts mesurées et responsables.

Un plan qui n'a rien de drastique ou de déstabilisateur. Tout au plus rationalise-t-il un appareil administratif qui avait nettement gonflé ces dernières années, et fixe-t-il un cadre un peu plus strict à l'école, sans affecter la qualité de l'enseignement. La croisade corporatiste du Syndicat des enseignants tombe à plat face aux enjeux vitaux pour l'avenir du canton.