L'interdiction de 12 races de chiens, qui vont du pitbull au doberman, n'est ni arbitraire, ni incohérente, ni disproportionnée. Ceux qui, depuis des mois, jusque dans les rangs des vétérinaires cantonaux, s'échinent à faire croire le contraire, pourront méditer avec profit la leçon que constitue la décision sereinement rendue vendredi par la juridiction suprême sur un dossier propice à tous les aveuglements.

Non, la liberté de détenir un animal, l'attention qu'on lui doit et l'attachement qu'il est naturel de concevoir pour lui, ne se placent pas sur le même plan que le respect de l'intégrité physique et de la vie d'autrui. La disproportion est évidente, ont utilement rappelé les magistrats.

La liste des races interdites en Valais n'est sans doute pas à l'abri de toute critique, ont admis les juges. Mais les chiens qui y figurent posent tous problème, et leurs attaques, quelle qu'en soit la fréquence statistique, présentent des dangers sans comparaison avec les blessures que peuvent infliger d'autres types de chiens.

L'interdiction peut paraître trop large et ne supprimera pas tous les risques. Mais quelques-uns, peut-être les plus graves. C'est à cette aune-là qu'elle doit être jugée.