Cette affaire est révélatrice du fonctionnement de l'Etat suisse. Lorsque le premier crédit a été présenté, la Confédération pensait que sa contribution financière se limitait à l'engagement de l'armée. La sécurité, voyez-vous, c'est l'affaire des cantons et des communes. Mais ce n'est pas aussi simple. D'une part, on doit déplorer aujourd'hui un cruel manque de dialogue entre les différents échelons de l'Etat lorsque ce premier crédit a été demandé au parlement. D'autre part, on a considérablement sous-estimé les difficultés financières auxquelles les partenaires étaient tous confrontés, ce qui les a tous incités à espérer sans le dire ouvertement que c'est l'autre qui passerait à la caisse.

Aujourd'hui, sous peine de ridicule international, l'heure n'est plus aux règlements de comptes, mais au règlement de la facture. La Suisse, qui avait rêvé d'organiser les Jeux olympiques d'hiver avant de se consoler avec la moitié de l'Euro 2008, doit montrer que ses aptitudes sont à la mesure de ses ambitions. Cessons donc de chinoiser. Que le parlement accorde ces 10,5 millions. Et que les villes et cantons organisateurs convainquent ensuite leurs populations qu'ils sont capables d'organiser un grand rendez-vous international.