L'existence de l'ardoise électronique vient le prouver à ceux qui en douteraient encore. La répartition des coûts de journée en EMS entre les différents payeurs – résidents, cantons, assurances maladie – est une pure affaire de rapports de forces. Les «incertitudes techniques», brandies lorsque le débat s'enlise, ne sont qu'excuses commodes.

Comme souvent, l'équation est celle de la ligne de moindre résistance. Sachant qu'à côté des montants reconnus, il reste dans le canton de Vaud une facture annuelle d'une cinquantaine de millions de francs que personne ne veut endosser, à qui est-il le plus aisé de la coller? Les assureurs réagiront à coup sûr par une hausse des primes, alors que le canton n'augmentera certainement pas ses impôts. Solution? Gagné, le Conseil fédéral fait payer le canton.

Dans ce contexte, il est évident que la comptabilité analytique promise ne changera rien, sauf si le calcul des primes était bouleversé pour dépendre, par exemple, des revenus des assurés. Et le Conseil d'Etat vaudois était bien naïf de croire qu'il arriverait, tout seul, à imposer un calcul arrangeant ses finances mitées.