Le combat de coqs opposant Sylvio Bernasconi et Jean Studer déconcerte. Les deux hommes forts neuchâtelois s'appuient sur des arguments raisonnables: l'un défend, en bon entrepreneur, son club de football, qui joue un rôle social important à Neuchâtel et contribue à la renommée du canton à l'extérieur; l'autre énonce une juste répartition des frais de sécurité entre le club et l'Etat. Il n'y a pas incompatibilité entre leurs objectifs.

Pourquoi ne s'entendent-ils pas? Certainement parce qu'aucun ne veut céder. C'est ridicule et enfantin. Le différend Bernasconi-Studer donne une piètre image de Neuchâtel et met l'un de ses fleurons, Xamax, en posture délicate. Le temps est venu de retrouver la raison. Le ministre Studer, en tant que gouvernant numéro un, doit proposer une formule qui «compense» la facture des frais de sécurité. Compensation sonnante et trébuchante, pour la formation ou la contribution à l'image du canton; elle aura valeur de reconnaissance. Xamax n'a pas droit à quelque privilège que ce soit, mais la Ville et le canton ont le devoir de bien le traiter. Et, pour recevoir un appui cantonal, Sylvio Bernasconi se forcera à aller une troisième fois au Château...