Après le président du comité directeur romand, François Bourquin, en 2003, c'est au tour de Jacques Thiébaut de quitter la scène des hautes écoles spécialisées (HES). Et une démission similaire est annoncée dans le canton de Berne. Départs de figures qui ont bâti le système complexe de ces universités des métiers, basées à la fois sur les écoles, une direction cantonale et, dans le cas des cantons romands, sur la HES-SO, dont le siège est à Delémont.

Trop complexe, cette construction? Sans doute. Un directeur cantonal, à l'instar d'un Jacques Thiébaut, est sans cesse pris entre la direction générale de Delémont, le conseiller d'Etat de tutelle, les écoles, les enseignants, les étudiants… Un poste ingrat, c'est peu dire. Dépendant de la bonne disposition de son ministre à l'égard des velléités centralisatrices de «Delémont» – sans parler de la Confédération, toujours en embuscade derrière ses lois et ordonnances –, le directeur cantonal est une sorte de fusible permanent. Il doit déployer des trésors de diplomatie face à ces souverainetés multiples. D'un avis apparemment unanime, Jacques Thiébaut a joué ce rôle avec talent. A présent que les bases des HES sont posées, on peut néanmoins se demander si cet étage intermédiaire gardera sa pertinence longtemps. Il faudra bien simplifier l'impossible organigramme des HES.