Quand on veut, on peut. C'est la première réaction qui vient à l'esprit au vu des résultats de l'opération Défi. Après s'être vu refuser 45 «indispensables» millions de francs par le peuple en avril dernier, le gouvernement vaudois en trouve 60 par la bonne volonté de son administration.

Mais la politique des petits pas a ses limites. D'abord parce qu'elle doit être menée sur la durée pour marquer vraiment le cours des choses. Le canton de Berne, qui œuvre à la réduction de sa dette après avoir retrouvé les chiffres noirs, en est à son dixième programme d'assainissement. En outre, parce que les économies de bouts de ficelle, pour méritoires qu'elles soient, ne laissent guère de trace dans l'opinion.

Les autorités vaudoises, dont la perte de crédit est grandement liée à la perte de la maîtrise financière, se voient désormais refuser toute recette nouvelle. Ceci alors même que des besoins toujours croissants se manifestent, comme l'indispensable construction de nouveaux EMS ou encore l'équipement en crèches, soutenu par un large consensus. Ceci alors même que la société témoigne d'aucune volonté de renoncer à un niveau de confort atteint à ce jour.

Conséquence: le canton de Vaud est menacé par un état de sous-investissement qui pourrait se révéler très coûteux à la longue, sans parler de l'effet démobilisateur que produit l'absence de projets. Le gouvernement cantonal compte sur sa politique des petits pas pour ne pas avoir à attaquer ce dilemme de front. Pour éviter des choix plus tranchés sur ce que l'Etat de Vaud doit abandonner d'un côté pour pouvoir continuer d'entreprendre de l'autre. On peut douter que cela suffise.