La décision la plus significative prise mercredi est celle qui consiste à hisser le débat au niveau politique. Les démarches de la Conférence suisse des impôts ont fait tant de vagues que la preuve est établie qu'un nouveau certificat de salaire est une affaire politique. Ce n'est pas un hasard si plusieurs interventions parlementaires ont été déposées ces derniers mois pour exiger un contrôle de ce dossier. Or, la CSI est un organe purement administratif qui échappe à toute supervision législative. Ce ne sera plus le cas à l'avenir et c'est tant mieux.

Sur le fond, la volonté de la CSI d'adapter le certificat de salaire est compréhensible dans la mesure où les «revenus annexes» sont parfois sources d'abus, notamment pour les voitures de fonction. Mais la CSI a eu une conception très large de ces compléments au salaire, à tel point que, si on l'avait laissée faire, elle aurait trop lourdement frappé les salariés ordinaires au bénéfice de bien maigres suppléments alors que les gros poissons auraient sans doute toujours trouvé le moyen de se glisser entre les mailles du filet fiscal.

Il est par ailleurs bienvenu que le compromis prévoie des essais pilotes avant d'introduire définitivement le nouveau formulaire. On ne peut en effet exclure que d'autres correctifs s'imposent encore.