Tout ce qui est exagéré est insignifiant. On ne va donc pas faire de brouettes avec les comparaisons plus que hasardeuses du maire de Genève, Alain Vaissade, entre le vandalisme sur les bouddhas par les talibans et le passage de camions dans le tunnel du Mont-Blanc. Cela partait de bons sentiments. Dommage!

Car, sur le fond, qui pourrait reprocher à Genève de prendre conscience, en tant que collectivité responsable et solidaire de son environnement, des enjeux essentiels qui se nouent autour du retour des poids lourds dans le site du Mont-Blanc? La pollution de la vallée, la mise en danger des usagers, et, d'un point de vue stratégique, l'avenir du ferroutage ne touchent pas que nos voisins. Genève, qui vit grâce à la symbiose avec la Région Rhône-Alpes, ne saurait évidemment arrêter sa réflexion et sa solidarité à la frontière. Que la Ville mette son poids politique dans la balance, qu'elle inaugure une nouvelle forme de partenariat et d'action en faisant concerter associations citoyennes, pouvoirs politiques et actionnariat au sein de la société des Autoroutes et Tunnel du Mont-Blanc, voilà qui ouvre de nouvelles perspectives politiques.

Peut-on toutefois risquer un bémol ? L'opposition de Genève serait plus crédible si précisément l'agglomération ne bénéficiait pas tous les jours d'une autoroute de contournement mise gratuitement à disposition par ATMB. Elle serait plus efficace encore si la Ville de Genève s'était fait une réputation européenne pour la gestion de sa propre circulation automobile. Car, à décrier la décision des voisins, on ne risque rien, sinon un peu de sa considération.

C'est un grand avantage de n'avoir aucune responsabilité, encore faut-il ne pas en abuser.