L'imprévu, c'est ce qui finit toujours par arriver. Micheline Calmy-Rey, en prises avec une dette qui mobilise une bonne part des recettes de fonctionnement, se serait passée de la tuile de 2,7 milliards de la BCGE. Le remboursement de 500 millions par an reste, selon le Conseil d'Etat, un «idéal à portée de main mais jamais atteint». Cela n'empêche pas les analystes de Standard & Poor's de maintenir pour Genève une bonne note de référence à long terme, A +, destinée aux financiers. La croissance étonnante de l'économie genevoise, la main de fer de la ministre des Finances dans la maîtrise des dépenses, son courage pour affronter les réalités désagréables expliquent sans doute ces «splendeurs genevoises», cette capacité à récupérer très vite des mauvais coups.

Il y a aussi les «misères»: la progression des dépenses sociales supérieures à la moyenne, le vieillissement de la population, le besoin de 1200 lits en EMS dans les huit ans, le chômage de longue durée incompressible, le besoin d'investissements pour une population en pleine croissance. Et de possibles retours rapides de balancier.