On veut bien admettre que la SSR ne nourrit aucune arrière-pensée relative aux chipotages sur la redevance et aux réticences que manifestent nombre de politiques à son égard. Ce n'est donc que le souci de bien faire qui l'aurait conduite à proposer pour la campagne des élections fédérales d'octobre prochain un programme qui paraît à première vue démesuré, dans son ampleur et dans son intensité. On ne se méfie jamais assez des bonnes intentions.

A trop vouloir informer et animer le citoyen, on risque au mieux de le lasser ou de l'exaspérer, au pire de le noyer sous le flot et de le dégoûter. D'anémique, l'offre devient tsunamique. On s'apprête manifestement à surexploiter un biotope médiatique où la matière première du débat politique, les acteurs, les enjeux et l'appétit des consommateurs sont limités par les dimensions d'un marché régional et une intensité événementielle qui n'a rien à voir avec une élection présidentielle française ou américaine. Et le défaut de matériaux exploitables en suffisance sur le fond et la substance menace d'accentuer la dérive vers l'anecdotique et la pipolisation à outrance, pour le plus grand profit des batteurs d'estrades et des illusionnistes. Le vrai débat politique risque d'avoir plus à y perdre qu'à y gagner.