Pendant quinze jours, Monika Dusong, Bernard Soguel et Jacques-André Maire, tous candidats au Conseil d'Etat neuchâtelois, ont invité les Neuchâtelois à dire oui à l'Europe. Personne ne doute de leur europhilie, d'autant qu'ils l'affichaient tout sourire sur les panneaux. Certes, à cinq semaines des élections cantonales, l'Europe semblait «porteuse» dans un canton qui avait dit oui à l'EEE avec plus de 80% des suffrages. Il n'était donc pas inutile d'afficher cette profession de foi.

Dans un autre registre, les radicaux nous la jouaient plus terre à terre en partant en guerre contre la hausse des taxes automobiles. Le «touche pas à ma bagnole» est moins noble qu'un «Oui à l'Europe!». Pourtant, ce référendum populiste a connu un éclatant succès, même dans les régions qui réclament leur ration de bitume et de tunnels. Avec 75% de refus à la hausse des taxes automobiles (15 francs par année), les radicaux ont gagné.

Les automobilistes et les contribuables supportent de plus en plus mal la pression fiscale indirecte. Déjà les taxes sur les déchets et l'épuration de l'eau les ont irrités. Elles sont arrivées en même temps que la péréquation financière qui alourdit les impôts dans les communes riches. Opposée à un allégement de la fiscalité en général et à cet objet en particulier, la gauche a perdu une première bataille. La seconde se déroulera le 8 avril, lors des élections cantonales. D'ici là, tout le débat politique va porter sur la fiscalité. Avec son initiative pour la réduction des impôts, la droite est dans l'air du temps. La gauche ferait bien d'y prendre garde.