La gangrène s'est installée partout, dans la jeune République jurassienne comme dans le vieux Pays de Vaud. Insidieusement, petit à petit, à force d'enfler, de compliquer ses tâches et d'échapper à toute vue d'ensemble, l'administration a pris le pouvoir. Au point caricatural, mais réel, de laisser certains des siens chercher de maigres réponses pour les députés qui se soucient de comparaisons salariales, alors que toutes les données nécessaires dorment au secret dans le bureau voisin. Au point également d'arriver à contrôler la curiosité qui reste aux élus, à la mettre sous l'éteignoir.

C'est malsain. D'une part la publicité des salaires de la fonction publique, dans leur généralité sectorielle, dans leur rapport aux prestations, est une exigence que les citoyens ont. Ne pas la satisfaire ne fait qu'accréditer l'idée qu'il y a quelque chose à cacher. D'autre part, le respect de l'Etat, son osmose avec la population, sa force, dépendent finalement de la qualité de son contrôle et de sa clarté d'action. Qu'il s'agisse de politiques devenus les groupies de ce qu'ils devraient inspecter ou de fonctionnaires qui se croient propriétaires de ce qu'ils servent, les deux attitudes sont nuisibles. Et la transparence est le plus sûr moyen de les combattre.