Le débat parlementaire sur le budget 2002 permet de tirer plusieurs enseignements à l'aube de cette nouvelle législature. Avec quelques amendements, plutôt modestes en termes d'économies, la droite a voulu montrer sa vision de l'Etat. C'est de bonne guerre. La défection du PDC aidant, elle ne s'est toutefois pas franchement battue pour refuser le budget et imposer le système du «douzième provisionnel». Dans une période d'incertitude conjoncturelle, elle a reconnu que l'effet psychologique d'une telle mesure l'aurait à terme desservie.

Cela étant, de tels débats ont toujours une valeur de test pour le ministre des Finances d'autant que le budget constitue l'arme par excellence du parlement. La droite a «essayé, mais n'a pas pu» déstabiliser Micheline Calmy-Rey qui a confirmé sa maîtrise technique des dossiers. Son pragmatisme a d'ailleurs mis en exergue les incohérences de la droite qui cherche à réduire l'immense fardeau de la dette tout en visant à priver l'Etat de 350 millions de rentrées fiscales. A l'image de la droite, la magistrate socialiste a en tout cas posé un acte pour les quatre ans à venir: elle a prouvé qu'elle était une patronne.