La loi fribourgeoise sur l'information, selon les vœux de la nouvelle Constitution cantonale, a été rédigée pour garantir la transparence de l'appareil étatique. Elle devait transformer les murs (souvent) opaques des administrations du canton et des communes en une belle tour de verre, gage de confiance pour le citoyen-contribuable.

Las, le projet présenté par le Conseil d'Etat ne fait que confiner davantage les autorités dans leur tour d'ivoire. Car si le texte de loi remplace le principe du silence par celui de la transparence, les restrictions posées ne laissent pas d'inquiéter. Ainsi, non seulement le droit d'accès aux documents officiels ne pourra être évoqué avant la prise de décision, mais il ne s'appliquera pas aux papiers antérieurs à l'entrée en vigueur de la loi.

Cela revient à dire que nombre de rapports, audits, études, ne pourront tout simplement pas être consultés en temps utile. Aucun canton n'est allé si loin dans ses cautèles législatives. Seule la frileuse loi fédérale connaît des dispositions similaires.

A juger l'empressement du canton de Fribourg à se calquer sur la Confédération, il est légitimement permis de douter de sa volonté d'établir le principe de la transparence.