Les gouvernements des cantons ont quelques bonnes raisons de manifester leur agacement. La révision de la loi sur les hautes écoles spécialisées (HES) révèle en effet l'ambivalence des autorités fédérales. Depuis 2000, la Confédération est responsable de la formation professionnelle, tous domaines confondus. Elle contrôle les formations naguère pilotées au niveau cantonal, celles des métiers de la santé, de l'action sociale et des arts. Mais, dans l'éducation supérieure, qui commande ne paie pas toujours, et c'est bien cette ambiguïté que les cantons dénoncent. En assumant moins d'un tiers des budgets des écoles de la santé et du social, la Confédération n'est pas crédible lorsqu'elle prétend les chapeauter. Même si leurs vœux se justifient, les responsables fédéraux ont beau jeu de vouloir limiter les filières et imposer des évaluations alors qu'ils laissent l'essentiel des charges aux frais des cantons. Les Chambres ont d'ailleurs pris la mesure de cette incohérence en demandant, pour les années 2004 à 2007, un rééquilibrage des crédits. Au fond, un système aussi confus mérite une mise à plat générale. Une réforme complète est précisément agendée à l'horizon 2008, ce qui ouvre dès maintenant la voie à un débat sur les répartitions entre les collectivités dans la formation supérieure.