Le programme d'armement n'est plus analysé sous l'angle unique des besoins techniques de l'armée. Jusqu'au début de cette décennie, alors que la gauche les rejetait par tradition, la majorité de droite avalisait encore trop souvent sans sourciller les propositions du ministre de la Défense. Ces temps sont révolus. Désormais, on porte aussi un regard politique sur les équipements militaires, et c'est tant mieux. L'abandon, voilà deux ans, des chars de déminage et des avions de transport, puis, l'an dernier, les soubresauts qui ont accompagné l'achat de nouveaux hélicoptères traduisent cette nouvelle préoccupation.

Encore faut-il que celle-ci s'exprime à bon escient. Le recalage des avions de transport était une erreur. Cette décision était notamment motivée par un attachement viscéral à un système de défense confiné en deçà des frontières du pays. L'acquisition de deux Casa espagnols aurait offert une certaine autonomie aux engagements suisses dans des opérations de maintien de la paix à l'étranger. C'est précisément ce dont les nostalgiques de l'armée de papa ne veulent pas.

Ils ont tort. Aujourd'hui, l'armée doit tendre vers une coopération accrue avec les pays voisins. Le programme d'armement doit s'adapter à cette nouvelle donne. La modernisation des Super Puma et l'acquisition des chars de déminage répondent aux besoins de la collaboration sécuritaire internationale. On doit en revanche se demander s'il est bien opportun d'investir encore et toujours dans des chars Leopard.