Comme c'était déjà le cas avec le précédent, le programme d'allégement budgétaire 2004 dégage une impression de bricolage. On coupe quelques millions par-ci, quelques autres par-là, et encore ne s'agit-il, dans plusieurs cas, que de corrections du plan financier et non d'économies réelles. Et lorsqu'il s'agit d'économies réelles, ce sont toujours les mêmes domaines qui sont touchés: l'armée, les routes, l'aide au développement, la recherche, l'agriculture. Cette stratégie n'est qu'un pis-aller. Elle ne dégage aucune priorité politique et ne permet que très partiellement d'alléger le budget fédéral.

A moins d'attendre qu'une sensible embellie conjoncturelle apporte les correctifs nécessaires grâce à une explosion céleste des recettes, l'assainissement du budget nécessite des mesures beaucoup plus volontaires. L'Etat fédéral doit tailler dans son appareil administratif et se retirer de certaines des nombreuses tâches qu'il a prises à sa charge au fil des décennies. Par exemple dans le domaine du logement. Hans-Rudolf Merz en est conscient et promet d'agir dans cette direction. Mais il lui faudra faire preuve d'un sens aigu de la persuasion pour atteindre son objectif, car, là également, il butera sur des barrages politiques.