Christophe Darbellay énerve. Par l'insolence de ses réussites, la multitude de ses ambitions. Plus encore par sa dextérité à exploiter les assauts engagés contre lui. Au terme de ce mercredi soir historique, à Saxon, il en aura tiré profit par deux fois.

Premièrement, contraint par les statuts de recevoir le consentement des membres, il a gagné le soutien de sa section, et surtout du district avant-hier dans la nuit. On ne peut nier, dès lors, qu'il est allé chercher le gage de sa recevabilité au plus profond du parti. De quoi faire taire ses contradicteurs les plus rancuniers - qui sont, hasard ou non, souvent les plus conservateurs - au sein du PDC valaisan. Ceux-là lui reprochent inlassablement de ne pas avoir su se faire admettre dans son parti, depuis son aller-retour maladroit chez les chrétiens-sociaux en 1999. Pour preuve d'une intronisation, Darbellay en a reçu une belle l'autre soir.

Deuxièmement, l'avant-campagne a mis en lumière le grand potentiel d'une mobilisation «anti-Darbellay» par la vieille garde du PDC, en rangs serrés derrière Maurice Tornay, son prochain concurrent. Or, ceux-là, comme l'ex-conseiller aux Etats Simon Epiney, sorti de sa retraite pour boxer son ennemi par-derrière dans les colonnes du Nouvelliste, à quelques heures de l'entrée sur le ring, lui ont peut-être bien rendu service.

Le Valais d'aujourd'hui, de tous bords, doit faire un choix simple mais passionnel. Entre le modernisme provocateur. Et le conservatisme rassurant. Entre un géant impertinent et boulimique de pouvoir. Et un quinquagénaire intègre, massivement défendu, à son insu peut-être, par des tireurs de ficelles de fonds de vallée. Par l'un des deux seulement, le Valais peut au moins espérer se désabonner de ses clichés claniques et lorgner par-delà la Dixence.