Le revers est cinglant pour le procureur général suppléant Claude Nicati. Son «ballon d'essai» comme se plaisait à l'appeler le magistrat, une première suisse avec comme toile de fond les milieux islamistes et leurs liens avec la mouvance terroriste d'Al-Qaida, s'est lamentablement dégonflé devant l'autorité de jugement.

Démonstration est désormais faite que l'obstination du Parquet fédéral dans ce dossier était déplacée. Non pas que l'enquête ne devait pas être ouverte et prise au sérieux. Le fait de retrouver des numéros de téléphone de personnes établies ici dans la mémoire de portables appartenant à des djihadistes en pleine période d'attentats méritait assurément que l'autorité de poursuite s'intéresse à eux.

Le Ministère public a par contre eu tort de proclamer trop vite qu'il s'agissait de gros bonnets d'une sorte de nébuleuse logistique. Il a encore plus erré en maintenant envers et contre tout cette position de départ malgré le rapport d'enquête final du juge d'instruction Paul Perraudin qui relevait déjà l'absence d'une organisation criminelle dont la vocation serait de faciliter la vie à de dangereux poseurs de bombes.

Cette témérité peut au mieux s'expliquer par l'exigence de résultat qui pèse sur les épaules de ce nouvel organisme, et, au pire, par l'incompétence et le manque de clairvoyance de ses représentants. Dans les deux cas, le constat n'est pas très rassurant. Il est d'autant plus amer pour ceux qui ont en fait les frais lors de trop longs mois passés en prison.