Aucun doute: le retrait d'Orange est un coup dur pour l'Expo. C'est d'abord 9,2 millions de francs en moins dans des finances dont le lecteur n'est pas sans savoir qu'elles sont loin d'être florissantes. Mais Expo.02 a déjà compris comment dépasser ce genre d'écueil. A moins d'un an et demi de l'ouverture, elle financera sans hésiter cette exposition si elle juge qu'elle est essentielle à l'esprit de la fête. En un tel cas d'urgence, les comptes à rendre plus tard cessent d'être un argument.

Plus grave, l'opérateur emporte avec lui la caution d'une image: celle, léchée et alléchante, qui réunit Moby, le désert et les surfeurs; celle aussi de l'insolent outsider qui a défié Swisscom. Orange «en était» depuis le début, preuve qu'on pouvait croire en l'Expo. Aujourd'hui, Orange n'en est plus.

Mais la façon dont l'entreprise déguise les vraies raisons de ce départ, surtout, fait le danger de cette annonce. L'opérateur sait qu'il s'expose à un conflit juridique: il va même jusqu'à le dire. En n'expliquant pas clairement que sa situation économique le pousse à cette extrémité, il laisse penser qu'il y a peut-être une autre raison à ce retrait. Et tant le passé difficile d'Expo.02 que ses difficultés actuelles à susciter l'enthousiasme laissent imaginer le pire.

Expo.02 est condamnée à se montrer ferme face à l'opérateur si elle ne veut pas voir galvaudés les contrats signés par ses partenaires. Si Orange sortait gagnant de la confrontation qui s'annonce, la crédibilité déjà fragile de l'Exposition nationale serait définitivement terrassée, ouvrant grand la porte à toutes les défections.