Qu'est-ce qui déprime le plus Samuel Schmid? Devoir sans cesse composer avec une enveloppe financière en peau de chagrin? Ou plutôt constater que le débat sur l'armée et la sécurité du pays se réduit à une patate chaude que se renvoient les partis, trop heureux de pouvoir économiser à bon compte?

Personne ne pleurera l'époque où le lobby militaire imposait ses programmes XXL sans broncher. Mais là n'est pas la question: à continuer de la sorte, tiraillée entre mille contradictions (maintien de la milice mais spécialisation, missions additionnelles mais poursuite de la traditionnelle défense du territoire, réductions budgétaires mais modernisation), l'armée s'enfonce dans la crise. C'est peut-être ce qu'espèrent tous ceux qui veulent une redéfinition plus radicale du rôle, des missions et du statut de l'armée, en Suisse comme à l'étranger. Le problème, c'est qu'à de rares exceptions près ce débat considéré comme secondaire est laissé à des «Hinterbänkler» (des parlementaires seconds couteaux). Viscéralement attaché au modèle de milice, Samuel Schmid aurait pourtant besoin d'un dialogue stratégique d'une autre trempe pour oser sortir d'un conservatisme qui conduit tout droit dans le mur.