Une élection sans perdant: on croyait jusqu'ici qu'une telle chose ne pouvait exister que dans un monde parfait. Le Valais l'a voulu, le Valais l'a fait. Avec ou sans deuxième tour, Jean-Michel Cina, Claude Roch et Thomas Burgener seront élus et rejoindront Jean-René Fournier et Jean-Jacques Rey-Bellet au gouvernement. Cette belle opération a été rendue possible par une alliance aussi occulte que probable entre le PDC du Valais romand et les radicaux, permettant de plébisciter les champions démo-chrétiens et laisser Claude Roch sauver très honorablement la face. Grâce aussi à l'abnégation du PS romand qui piaffe de récupérer le siège de la gauche mais s'est incliné devant le sortant haut-valaisan Burgener. Seuls les jaunes haut-valaisans ont un peu boudé la discipline de parti en mégotant leur appui à Jean-Michel Cina, mais ils sauront rentrer dans le rang au deuxième tour, s'il le faut. Des perdants, il y en aura quand même eu, mais, comme les gagnants, ils étaient connus d'avance. Les femmes en premier, qui devront sans doute patienter encore quatre, voire probablementhuit ans pour avoir voix au chapitre. Et les électeurs épris de diversité. Mais les Valaisans aiment encore leurs partis et il serait malvenu aujourd'hui, avant des tempêtes électorales et constitutionnelles programmées, de le leur reprocher. La révolution est simplement remise à plus tard.