Ce «paquet fiscal» n'est en réalité pas un paquet et le Conseil fédéral a raison de souligner qu'il s'agit de trois projets séparés. On devine déjà qu'ils mûriront à des rythmes très différents. Le droit de timbre ne sera qu'une formalité, puisque le projet ne fait qu'asseoir plus solidement des allégements déjà décidés. La réforme de l'imposition des familles semble progresser dans la bonne direction. L'avant-projet comprenait deux défauts. Il renversait trop lourdement le fardeau de l'impôt des couples mariés, pénalisés par le système actuel lorsqu'ils gagnent double salaire, vers les concubins. Et il ne tenait pas suffisamment compte des charges occasionnées par les enfants. La nouvelle version présentée mercredi semble corriger le tir. Elle pourrait, moyennant quelques aménagements supplémentaires pour les concubins, franchir le cap du parlement. La gauche continue de le trouver inique. Mais elle reconnaît elle-même qu'il est difficile de réduire l'IFD, puisque c'est de cela que l'on parle, pour les personnes qui n'en paient pas. Son argumentation reste par conséquent faible et les allégements proposés aux couples mariés de la classe moyenne sont bien réels, même s'ils ne sont pas mirobolants. Reste la question de l'imposition du logement. Les déclarations prudentes de Kaspar Villiger montrent que le changement de système est sujet à caution. Le mécanisme proposé pour les frais d'entretien paraît bien complexe. Il ne serait donc guère étonnant que, des trois wagons qui composent ce train de mesures fiscales, on n'en retrouve que deux à l'arrivée.