On peut parler de réhabilitation personnelle de Peter Hess. Sur le plan politique, le président du Conseil national continuera à traîner durablement comme un boulet une «affaire Hess» qui n'aurait jamais pris de telles proportions s'il avait fait preuve de davantage d'inspiration et de sensibilité politique au début de la crise. Peter Aliesch a commis la même erreur en se cantonnant durant des semaines dans une attitude aussi défensive que passive, laissant se développer une boule de neige de soupçons toujours plus incontrôlable.

Vendredi, le conseiller d'Etat grison a toutefois franchi toutes les bornes. En décidant contre toute logique de s'agripper à un poste que même son parti lui demande désormais de lâcher, Peter Aliesch se montre sous un jour particulièrement détestable. On peine à voir ce qui le motive à rester si ce n'est qu'un départ avant la fin de l'année le priverait d'une rente confortable d'ex-conseiller d'Etat. Qui croira encore dans ces conditions qu'il a accepté les somptueux cadeaux du financier Papadakis par «naïveté»?

Avec l'étalage d'un tel mépris des institutions et du bien public, on en vient à douter que si l'enquête devait laver un jour Peter Aliesch du soupçon de corruption passive, cela suffirait à le réhabiliter sur le plan personnel.