Par le passé, les femmes avaient une fonction de fusible sur le marché du travail.

En cas de tension conjoncturelle, elles étaient renvoyées derrière le fourneau. Ces temps sont révolus. Plus qualifiées, mieux formées, indépendantes, les femmes ne se laissent plus faire. On l'a vu ces derniers mois: les licenciements accompagnant le ralentissement de l'économie ont frappé de manière indifférenciée les deux sexes.

Les milieux économiques l'ont bien compris. Leurs prévenances actuelles à l'égard des femmes ne sont pas motivées par des considérations à court terme.

Au-delà des aléas de la conjoncture, la Suisse va manquer de forces de travail ces prochaines décennies, pour la simple raison que l'on n'y fait plus assez de bébés.

Si le forcing est fait pour permettre aux mères de travailler, la volonté de pousser les hommes à assumer davantage le rôle de père fait encore largement défaut. L'enquête de Pro Familia l'illustre clairement: les employeurs restent très sceptiques sur le travail à temps partiel masculin ou sur l'idée d'un congé paternité.

Tôt ou tard, cette asymétrie tombera à son tour. Si cela se trouve, sous la pression des femmes.