L'analyse de l'Idheap et de Compas est formelle: La Chaux-de-Fonds et Le Locle ont tout intérêt à fusionner. Ce verdict ne constitue pas une surprise tant les deux voisines se ressemblent et se complètent par leurs traditions communes, qu'elle soit politique, industrielle ou architecturale.

Malgré cela, les autorités des deux villes évitent de militer ouvertement pour la fusion. Pour ne pas froisser certaines susceptibilités, elles préfèrent donner l'illusion de laisser plusieurs portes ouvertes, tout en poursuivant patiemment leur stratégie d'intégration. L'objectif? Imposer le mariage entre les deux cités en habituant pas à pas les citoyens à partager des services communs.

En diluant progressivement les vieux réflexes identitaires, cette stratégie donne les meilleures chances aux villes des Montagnes de réussir leur union. Tant mieux, car c'est seulement en faisant preuve d'imagination administrative, en osant des synergies à même de soulager leurs finances et, pourquoi pas, en baissant leur fiscalité que La Chaux-de-Fonds et Le Locle amélioreront leur image et freineront l'érosion de leur population. Une fusion constituerait en outre un atout de taille pour le canton dans l'appréciation que fera la Confédération du RUN, le Réseau urbain neuchâtelois.

Reste à espérer que les électeurs s'en souviennent, en 2008 ou en 2009, afin de permettre aux deux villes de ne pas définitivement perdre pied face à la concurrence des agglomérations du Plateau.