S'ils ont relevé le défi de créer un canton, les Jurassiens sont aussi les rois de l'autogoal en matière de développement et de tourisme. Ne viennent-ils pas de rejeter le programme de relance «Jura, Pays ouvert»!

La promotion touristique est depuis plus d'une décennie une pétaudière, exacerbée par les erreurs de casting de ses directeurs. Le Jura dispose d'atouts (nature intacte, patrimoine bâti, gastronomie, etc.), qu'il exploite mal. Avec la découverte des traces de dinosaures, il a touché l'atout maître. Il doit le jouer avec tact et ambition.

La foi du nouveau directeur de Jura Tourisme dans un grand concept de géoparc, appuyé par un marketing adapté, constitue une approche judicieuse. A condition de concilier les intérêts scientifiques des paléontologues, ludico-émotionnels des promoteurs du tourisme et les impératifs des constructeurs de l'autoroute.

Autre signal prometteur: l'intérêt conjugué des ministres Jean-François Roth et Elisabeth Baume-Schneider, qui doivent faire appel à des compétences extérieures, rompues à de tels projets, et oser investir, même de grosses sommes. Le Jura le fait, presque sans compter, pour ses routes. Qu'il mise également sur la dinomania. Le canton porte de surcroît un nom prédestiné!