La votation sur la gratuité des bus aura au moins eu un mérite: permettre au Locle de bénéficier d'une large couverture médiatique, notamment en Suisse alémanique, où l'initiative a suscité l'intérêt et des reportages en cascade. Pourtant opposés au projet, les membres de l'exécutif n'ont pas manqué de se féliciter de cette campagne de promotion obtenue sans débourser un sou. Par les temps qui courent, personne ne songera à les blâmer.

Difficile, en revanche, d'être aussi indulgent avec les initiants. Car, s'ils ont réussi un joli coup marketing, on ne peut pas en dire autant sur le plan politique. Pensé dans la précipitation, privé d'une nécessaire amélioration des cadences (les bus ne roulent ni le soir ni le dimanche) et d'une vision globale de la problématique des transports, leur projet tient plus de la coquille vide que du véritable projet de société.

La population locloise, qui subit tous les jours aux heures de pointe le flux ininterrompu des véhicules frontaliers, méritait mieux que cela.