L'ancien juge cantonal François Jomini est persuadé qu'on ne lui a pas raconté d'histoires. En interrogeant notamment toute la hiérarchie de la police cantonale vaudoise, il a acquis la conviction que cette dernière n'a pas violé de règles et n'était au courant de pas grand-chose en somme. Soit. Mais il est regrettable que son enquête n'ait pas été poussée jusqu'à interroger des personnes au sein de Securitas, voire de Nestlé. Histoire de dissiper tous les doutes possibles. Car à ce stade, de nombreuses zones d'ombre subsistent malgré le rapport Jomini. Quelle était la nature des informations transmises par Securitas à la police cantonale? Concernaient-elles des personnes ou simplement les activités d'un ou plusieurs groupes altermondialistes? On ne sait pas non plus qui exactement informait Securitas, puisque Sara Meylan a semble-t-il commencé son activité d'infiltration d'Attac après le G8. Les informations recueillies et transmises à la police cantonale proviennent-elles alors de l'autre taupe, la dénommée Shanti Muller, qui a infiltré le Groupe anti-répression de Lausanne? Y a-t-il eu beaucoup d'autres taupes? Et qu'a-t-on fait de ces informations, une fois collectées? Les regards se tournent maintenant vers le juge d'instruction cantonal, Jacques Antenen, pour trouver des réponses à ces questions. Quant au rapport Jomini, il laisse le sentiment que la police cantonale vaudoise sort blanchie un peu à bon compte. Et c'est dommage pour elle.