Il faut se rendre à l'évidence: l'homme qui a tenu en haleine les médias pendant plus d'une année n'avait pas le début d'une preuve de ce qu'il avançait. On est fondé à penser aujourd'hui qu'il a mené son monde en bateau dès le départ. Pour une fois, les parlementaires n'ont peut-être pas tout à fait tort de questionner la facilité avec laquelle les médias ont répercuté quelques-unes des hypothèses les moins vraisemblables colportées par un personnage abracadabrant.

Cette fable risque pourtant d'occulter des questions de fond. La première consiste évidemment à se demander s'il est légitime que les services secrets s'intéressent à un centre religieux. La réponse indirectement apportée par la délégation parlementaire semble être oui. Mais on devine que la conclusion ne s'est pas imposée d'elle-même.

La seconde tient à l'extrême fragilité du renseignement en Suisse que semble révéler cette affaire. Le moins rassurant est de constater que les services concernés n'ont pas trouvé le moyen d'éviter les nuisances occasionnées par une source dont le choix et le contrôle n'ont pas été maîtrisés. A juste titre, la délégation parlementaire demande que des mesures soient prises pour remédier à des manquements flagrants dans la coordination et le professionnalisme des différentes unités du renseignement.