On aurait pu croire que les électeurs de la Ville de Genève sanctionneraient la gauche. Et qu'ils confirmeraient le recentrage du parlement, qu'ils ont appelé de leurs vœux le 25 mars. Mais malgré une législature brocardée pour ses scandales, l'Alternative sort victorieuse du scrutin. A l'image des citoyens de la plupart des villes suisses, les Genevois ont fait confiance à la gauche pour quatre années encore.

Unie et active sur le terrain, l'Alternative a séduit par son discours plus proche des préoccupations des citoyens. Les visages neufs ont convaincu les électeurs que le changement ne résiderait pas dans un renversement de majorité, mais dans un nouvel état d'esprit, issu d'une alchimie plus harmonieuse des personnalités.

La droite, qui avait l'occasion de renforcer sa position en Ville, s'est perdue dans une campagne abstraite. Divisée sur sa stratégie à quelques jours de l'élection, elle n'a pas su mobiliser son électorat. Seul le radical Pierre Maudet sauve un siège, au risque de se retrouver marginalisé au sein de l'exécutif comme le fut le libéral Pierre Muller. D'ores et déjà, des élus de gauche se réjouissent de lui confier le département peu stratégique des Sports et de la sécurité. Mais le jeune radical n'acceptera certainement pas d'avaler les mêmes couleuvres que son prédécesseur.

Espérons que la lutte d'ego ne reprendra pas au premier jour de cette nouvelle législature.