Essayé pas pu. Le Conseil fédéral voulait brider le programme d'impulsion à la création de crèches, mais le Conseil national a déjoué ce projet économe. A l'inverse du gouvernement, la Chambre du peuple a compris qu'on n'encourage personne à aller de l'avant en anticipant la défaite. Elle est consciente qu'on ne donne pas de l'élan à un projet en mettant la pédale douce, comme souhaitait le faire le collège.

Car même si les demandes d'aide sont arrivées à Berne au compte-gouttes depuis 2003, la machinerie commence à s'huiler. Les dossiers des collectivités publiques ou des associations qui veulent créer des places d'accueil sont de plus en plus souvent conformes aux normes confédérales. Les cantons et les villes qui faisaient jusqu'ici peu ou pas de requêtes se réveillent.

Le Conseil fédéral s'est contenté de trois ans pour jauger le succès du programme, feignant d'ignorer qu'en Suisse les opportunités mettent du temps à se transformer en réflexes. Le Conseil national l'a bien compris. Il maintient la donne de départ en espérant que celle-ci permettra de pallier les 50000 places d'accueil pour bambins qu'il manque dans le pays. Un pari qui ne peut être que gagnant. Un pari peu risqué puisque la part du budget qui ne sera pas investie dans des crèches retournera dans les caisses de l'Etat.