Le 23 octobre 2007, jour du classement de la plainte pénale contre Roland Nef, Samuel Schmid a dû pousser un énorme soupir de soulagement. Quel risque n'a-t-il pas pris en présentant un candidat à la tête de l'armée sans préciser à ses collègues chargés d'entériner la nomination que celui-ci était sous le coup d'une enquête judiciaire!

Certes, s'il s'était ouvert à ses collègues, Samuel Schmid courait le danger de devoir changer son fusil d'épaule et d'opter pour un autre «général» - ce qu'il voulait précisément éviter - en raison d'une affaire privée. A posteriori, on peut en effet déduire de l'issue de l'affaire qu'il n'y avait peut-être pas de quoi fouetter un chat.

Il reste que Samuel Schmid, en imposant son candidat dans ces conditions, a pris le risque majeur de plonger le Conseil fédéral et l'armée dans un profond embarras si Roland Nef avait finalement dû renoncer à entrer en fonction.

L'UDC s'est évidemment emparée de l'affaire. Et on ne saurait exclure que d'autres, parmi les nombreux ennemis du chef de la Défense, posent dans les semaines à venir cette question: est-il raisonnable, comme le gouvernement l'a décidé en mai, de placer l'intégralité des services de renseignement sous la tutelle de Samuel Schmid? Dans un domaine aussi sensible, il doit certes pouvoir peser seul les intérêts en présence. Mais avec la totale confiance du Conseil fédéral...