Par deux fois, le patron d'Helsana s'est servi de la presse alémanique dominicale à gros tirage pour promouvoir son idée de table ronde, et utiliser la menace d'une initiative en cas de fin de non recevoir du Département de l'intérieur. Manfred Manser revendique la paternité de l'idée, alors que le Concordat ne veut y voir qu'une démarche collective. C'est oublier la concurrence que se livrent les caisses et qui donne trop souvent si peu de poids à leur association faîtière lorsqu'il s'agit de parler d'une seule voix. A travers ses interventions dans la presse, et pourquoi pas par voie d'initiative, Manfred Manser se fait avant tout de la publicité, ce qui rappelle les méthodes d'un autre grand patron…

La comparaison s'arrête là car l'initiative Manser propose des garde-fous que Denner n'envisageait pas. Les idées que propose Helsana, et qui ne sont pour l'instant qu'ébauchées, semblent défendables. Si bien que le Concordat pourrait la soutenir au cas où la discussion de fond sur le coût des médicaments n'aurait pas lieu, ce qui est peu probable, ou tournerait au dialogue de sourds, ce qui est possible. Car Ruth Dreifuss, adepte de la politique des petits pas depuis l'entrée en vigueur de la LAMal, veut avant d'envisager de nouvelles mesures, constater l'effet de celles qu'entraîne la révision de la loi. Si la démarche est logique, elle ne satisfera pas les assureurs, car ce n'est pas assez spectaculaire.