Pris un à un et sortis de leur contexte, les reproches faits à la Police de sûreté fribourgeoise paraissent bénins. Rassemblés, ils donnent pourtant l'image déplorable d'une police soumise à des règles de fonctionnement imprécises ou désuètes, qui ont permis à certains de ses membres, parfois laxistes, parfois indisciplinés, parfois arrogants, de trop longtemps agir dans l'indifférence générale.

Sans une réforme bien pensée et bien structurée, la police fribourgeoise n'est pas à l'abri de nouvelles «affaires». Michael Perler, à peine arrivé de la police bernoise, l'a compris. Sans attendre le rapport Ott, le nouveau chef de la Sûreté a commencé à engager une réflexion sur une réforme en profondeur de ses services. Il est pourtant dangereusement seul. Et ce n'est pas le communiqué lénifiant d'autosatisfaction du commandant de la police cantonale, ou la confiance aveugle de Claude Grandjean dans l'apparition spontanée du souffle du changement, qui ramèneront rapidement la confiance dans une police secouée depuis trois ans par l'affaire Grossrieder.