Deux juges d'instruction pénale sous enquête, un juge extraordinaire, une Cour extraordinaire tirée au sort, neuf prévenus (dont le juge Addor, deux patrons de remontées mécaniques, Hervé Valette et Dominique Warluzel), une escouade d'avocats valaisans et genevois, c'est le résultat actuel de l'affaire Téléverbier. Mais, en Valais, certains continuent à minimiser une affaire «montée de toutes pièces» ou née d'une campagne de presse ciblée sur un juge qui n'a fait qu'un «excès de zèle» ou un «faux pas».

Gageons qu'à l'avenir, la justice se mettra à l'abri du zèle et des faux pas, car les conséquences en sont incalculables. L'ennui, c'est que les institutions pratiquent une politique cachottière. Qu'un magistrat, le juge Addor en l'espèce, n'ait plus compétence de signer des actes d'instruction, que le Tribunal cantonal soit récusé, qu'une Cour spéciale doive être tirée au sort par le Conseil d'Etat, de tout cela rien ne transpire. Et, pourtant, tout finit par se savoir. Mais le plus étonnant reste que le Tribunal cantonal se soit récusé d'office en faveur d'un tirage au sort effectué parmi les juges qui soutiennent le prévenu! Ça, il faudra bien l'expliquer un jour.