C'est une tendance qui se renforce en Suisse romande, en particulier dans les cantons urbains. Les citoyens élisent à gauche, mais votent plutôt à droite, refusant toutes velléités de hausse de la fiscalité. Pour le Parti socialiste et ses alliés, le message est très clair. Il ne s'agit plus d'étendre le filet étatique, mais d'en réformer les structures et les missions. En clair: de passer du dogmatisme au pragmatisme.

Contrairement au gouvernement cantonal rose-vert, qui a empoigné à bras-le-corps le chantier de la réforme de l'Etat, l'exécutif de la Ville de Neuchâtel a toujours retardé l'échéance. Le net refus de dimanche constitue un tournant décisif. Avec une fortune en passe d'être réduite à zéro, Françoise Jeanneret et ses collègues se trouvent le dos au mur.

Une meilleure collaboration avec le canton permettrait de dégager des économies substantielles. Des pistes existent, comme la mise en place d'une politique culturelle commune ou une gestion centralisée de la perception de l'impôt. Mais rien n'est simple. Fier de son statut de capitale cantonale, Neuchâtel rechigne à limiter son autonomie, comme l'illustre son opposition résolue au projet de police unique.

Dans ce contexte, il existe un risque réel de voir les réformes s'enliser. D'autant que le Conseil communal dispose d'un parachute. En cas de découvert, le Conseil d'Etat imposera une hausse de la fiscalité, comme il pourrait le faire cette semaine pour la ville de La Chaux-de-Fonds. Une mesure qui, sous le couvert de la légalité, constituerait une insulte à la démocratie.